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Les traitements des troubles urinaires du chien

Lorsqu’un chien a des difficultés à uriner, le fait trop fréquemment, en petite quantité, ou que l’urine n’a pas un aspect normal, il est probable qu’il souffre d’un trouble urinaire. Les chiens peuvent être sujets à des troubles urinaires de nature variée, bien qu’ils y soient beaucoup moins sensibles que les chats. Un diagnostic par un vétérinaire permettra d’identifier l’affection et donc proposer le traitement le plus efficace pour l’animal.

Illustration : "Les traitements des troubles urinaires du chien"

L’appareil urinaire se compose des reins, qui produisent l’urine. L’urine transite ensuite jusqu’à la vessie via les uretères. Lors de la miction, l’urètre permet, par la relaxation du sphincter urétral, la sortie de l’urine.

Illustration de l'article : Les traitements des troubles urinaires du chien

© EnvA

Les calculs urinaires

On appelle urolithiase la maladie conduisant à la formation de calculs. Dans un premier temps, un traitement médicamenteux sera choisi. Il consiste à privilégier une alimentation humide et des courgettes, de l’eau, du sodium. Le but étant de parvenir à déloger le calcul afin qu’il sorte de lui-même. On utilisera également des médicaments permettant de modifier le pH pour dissoudre le calcul.

Selon le type de calcul, on ajoutera un traitement spécifique. Par exemple, les calculs d’urate d’ammonium sont souvent dus à un problème au niveau du foie. Une exploration de la fonction hépatique pourra alors être réalisée, afin de fournir un traitement si besoin.

Si le traitement médicamenteux échoue, une chirurgie sera alors nécessaire. Les calculs d’oxalate de calcium sont les seuls pour lesquels la chirurgie doit être envisagée dès le départ.

Les infections urinaires

On parlera de cystite lors d’infection par des bactéries avec des symptômes de la part de l’animal.

S’il s’agit d’une cystite isolée, des anti-inflammatoires non-stéroïdiens ainsi que des antibiotiques seront le traitement de choix. L’état général du chien doit s’améliorer en quelques jours. Si ce n’est pas le cas, l’antibiotique n’est pas assez efficace contre la bactérie et un prélèvement pour culture est nécessaire.

Si le chien souffre de cystites récurrentes, c’est-à-dire au moins 2 en moins de 6 mois, on donnera également des anti-inflammatoires non-stéroïdiens. Cette fois, on fera en première intention un prélèvement pour culture avant de donner des antibiotiques selon les résultats fournis par le laboratoire.

L’incontinence

Chez le jeune chien, l’incontinence est souvent due à un uretère ectopique. Il s’agit d’un uretère ne s’abouchant pas à l’endroit usuel sur la vessie. Une chirurgie permettant de replacer l’uretère est alors nécessaire.

L’incontinence à la suite d’une castration ou stérilisation est fréquente. Le traitement de choix est une molécule de la classe des alpha-agonistes, qui permet d’augmenter la contraction du sphincter urétral. On peut sinon envisager l’administration d’hormones sexuelles pour remplacer celles qui ont disparu après la stérilisation : œstrogènes pour les femelles et testostérone pour les mâles. C’est seulement en cas d’échec qu’une chirurgie sera discutée.

Lors d’incontinence par malformation ou mal-positionnement de la vessie, une chirurgie sera nécessaire pour corriger l’anomalie. Lors d’incontinence par vessie instable, idiopathique ou à la suite d’une inflammation, on utilisera des anti-inflammatoires et une molécule parasympatholytique.

Enfin, l’incontinence par difficultés à vidanger constitue une urgence. L’utilisation de relaxants du sphincter urétral, voire de molécules corrigeant l’éventuel déficit neurologique, sera préconisée. Une chirurgie peut être nécessaire dans certains cas.

L’insuffisance rénale aiguë

Le traitement varie selon la localisation de l’insuffisance rénale : pré-rénale, rénale ou post-rénale.

Dans tous les cas, on veillera à rétablir le bon fonctionnement du rein et des voies urinaires. Le chien sera sous perfusion afin de le réhydrater, avec si besoin pose d’une sonde urinaire. Selon les résultats de ses prises de sang, il faudra ajouter différents ions et molécules dans la perfusion.

Enfin, il est important de stimuler l’appétit, voire de poser une sonde gastrique si le chien refuse de manger. Des anti-vomitifs et anti-acides pourront être administrés. L’aliment privilégié sera liquide et pauvre en déchets azotés.

La maladie rénale chronique

Selon le stade plus ou moins avancé de la maladie, l’animal devra être hospitalisé ou pourra repartir chez lui avec des traitements.

Dans le cas d’une hospitalisation, on veillera à mettre le chien sous perfusion pour le réhydrater et corriger les déficits en ions. L’important, comme lors d’insuffisance rénale aiguë, est de le réalimenter.

Comme pour toute maladie chronique, les propriétaires jouent un rôle essentiel pour la prise des traitements et la surveillance de l’évolution de la maladie. Le traitement est évolutif et s’adapte à l’animal et à ce que les maîtres peuvent faire. Il faut privilégier la qualité de vie du chien avant sa durée de vie.

Des suivis réguliers sont ainsi nécessaires pour accompagner au mieux l’animal.

Un autre point clé dans la gestion de cette maladie est l’alimentation : il faudra passer à une alimentation rénale stricte et favoriser la prise de boisson.

Troubles d’origine comportementale

Avant de se précipiter sur des traitements médicamenteux, il est nécessaire de s’assurer que l’animal présente une condition médicale expliquant les symptômes urinaires observés. Chez un très jeune chien, l’apprentissage de la propreté peut prendre du temps. Un stress, un traumatisme ou une forte émotion peuvent également entraîner une incontinence urinaire de manière brutale.

Une consultation en médecine du comportement peut donner au propriétaire des pistes pour régler l’incontinence de son chien. Après échec de thérapies comportementales, un traitement médicamenteux anxiolytique pourra être envisagé.

Les maladies de la prostate

Dans la plupart des cas, une castration chirurgicale ou chimique sera conseillée.

Lors de prostatite, ou inflammation de la prostate, un traitement antibiotique de longue durée sera prescrit. Il est également recommandé une castration chimique à l’aide d’un implant. Lors de tumeur prostatique, on retire chirurgicalement la prostate. On conseille également une radiothérapie lors de stades peu avancés. Lors de tumeur testiculaire, on castre chirurgicalement le chien.

Les propriétaires de chien doivent être attentifs pour détecter précocement les troubles urinaires de leur chien. La prévention est également très importante, et s’appuie principalement sur l’alimentation.

Bibliographie

  • Cours de médecine de l’appareil urinaire de l’EnvA
  • Cours de chirurgie de l’appareil urinaire de l’EnvA