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Sevrer son chiot

La notion de sevrage implique deux dimensions. D’abord, le sevrage alimentaire, c’est-à-dire le changement d’alimentation : le chiot passe de téter le lait de la mère à manger une alimentation solide. La transition est progressive. Puis le sevrage de la mère, c’est-à-dire le changement d’environnement : la séparation entre la mère et les chiots. Le sevrage est donc une période critique relativement stressante pour le chiot.

Illustration : "Sevrer son chiot"

Quand sevrer son chiot ?

Du point de vue de la mère : plus le sevrage est précoce, mieux c’est ! La lactation est une période très demandeuse en énergie, qui puise donc dans les réserves de la chienne.

Du point de vue des chiots : plus le sevrage est tardif, mieux c’est ! L’apprentissage par la mère est en effet vital, et la séparation difficile d’un point de vue psychologique.

En pratique, le sevrage alimentaire démarre dès les 3 semaines des chiots en leur offrant un aliment solide d’abord mélangé à de l’eau. Progressivement, la mère va produire moins de lait et repousser de plus en plus les chiots qui cherchent à téter. On estime que c’est vers l’âge de 8 semaines que les petits vont totalement arrêter de téter.

Attention : selon l’article L.214-8 du code rural, un chiot ne peut légalement pas être vendu avant ses 8 semaines. La séparation de la mère et des chiots se fait souvent peu avant l’achat des chiots, donc à 8 semaines. Il n’est pas recommandé de les séparer avant.

Comment sevrer son chiot ?

Le sevrage alimentaire se fait progressivement.

Dès 3 semaines, il est nécessaire de commencer à présenter une alimentation solide aux chiots, à laquelle ils vont s’intéresser progressivement, par imitation de la mère. Il est alors conseillé de la mélanger avec de l’eau chaude pour en faire une bouillie (25 % de croquettes et 75 % d’eau) et faciliter l’ingestion. On peut également mélanger avec du lait maternisé spécial chiots, mais pas avec du lait de vache.

Au milieu du sevrage, il est conseillé de passer à des croquettes réhydratées (donc seulement trempées dans l’eau). Cette phase aura plutôt lieu en fin de sevrage chez les races de taille « mini ».

À partir de la cinquième semaine, l’aliment donné peut être totalement sec. Les chiots consommeront de moins en moins de lait maternel jusqu’à passer à une alimentation exclusivement solide vers 8 semaines.

Quel aliment proposer ?

Dans certaines gammes, un même aliment peut être utilisé pour la mère et les chiots. Il peut être donné depuis la fin de gestation jusqu’à la fin du sevrage des chiots. Il s’adapte donc aux besoins nutritionnels des petits ainsi que de la chienne en gestation, puis en lactation. Sinon, on pourra utiliser deux aliments différents entre la mère et les chiots.

Après le sevrage, les petits sont placés sous une alimentation spécialement élaborée pour les chiots. À cette étape, le risque est l’obésité juvénile. Attention, la perte de poids d’un chien adulte obèse depuis qu’il est chiot est bien plus difficile à gérer que chez un chien adulte devenu obèse plus tard !

Pourquoi un sevrage ?

À 3 semaines, les dents commencent à pousser ce qui devient douloureux pour la mère lors de la tétée. Cela explique qu’elle commence à repousser les chiots qui veulent téter.

De plus, la production lactée de la chienne n’est pas constante : elle atteint son maximum aux 3 semaines des chiots. Elle diminue ensuite progressivement et n’est donc plus suffisante pour combler seule le besoin énergétique des petits.

Avant le sevrage, le chiot possède les enzymes nécessaires pour digérer le lait maternel (les lactases), mais ne présente naturellement pas d’enzymes de digestion de l’amidon des croquettes (les amylases et les lipases). Ces enzymes vont s’acquérir progressivement lors de l’ingestion de nourriture solide contenant de l’amidon, parallèlement avec la diminution de capacité de digestion du lait.

Les risques d’un mauvais sevrage alimentaire

Une ration mal équilibrée engendrera des carences chez le chiot. Ces carences peuvent être responsables de pathologies osseuses graves et irréversibles, si elles sont détectées trop tard. Les chiots de grande race, dont la croissance osseuse est maximale durant le sevrage, sont particulièrement à risque.

Les races de petit format, à l’inverse, ont une croissance rapide. Lors du sevrage, la croissance osseuse et musculaire est déjà quasiment terminée, contrairement à la mise en place du tissu adipeux (le gras). Le risque lors d’un mauvais sevrage est donc un excès de gras, d’où l’obésité.

Des diarrhées sont fréquentes lors du sevrage. Les chiots sont très sensibles à la déshydratation causée par la diarrhée, du fait de leur rapport surface / poids élevé favorisant la perte d’eau. Cela augmente le risque de mortalité. Ces diarrhées peuvent être dues à de nombreux agents pathogènes, les plus courants étant le parvovirus canin, la giardiose et l’isosporose. Afin d’améliorer la qualité des selles, on conseille de fractionner les repas. Des fibres riches en psyllium ou encore des prébiotiques permettent aussi de lutter contre la diarrhée et contre les infections.

Le meilleur indicateur à suivre pendant le sevrage est la prise de poids des chiots ! Un chiot doit prendre du poids tous les jours. Il faut s’inquiéter dès qu’il en perd ou qu’il stagne plus d’un jour.

L’importance du sevrage sur le développement du chiot

On distingue différentes phases dans le développement du chiot :

Les 2 premières semaines de vie correspondent à la période néonatale. Les chiots sont aveugles et sourds, ils se développent et grandissent.

De 2 à 3 semaines, c’est la phase de transition. Elle débute à l’ouverture des yeux et marque le début de l’apprentissage de la propreté, ainsi que de l’autonomie et des jeux entre chiots.

De 3 à 12 semaines, il s’agit de l’étape de socialisation. Elle débute au début du sevrage, lorsque les interactions entre chiots deviennent plus fréquentes que les interactions avec la mère. On observe un développement des comportements sociaux, de l’apprentissage, de la communication, de la familiarisation avec l’Homme.

Lors de ces phases, de multiples facteurs peuvent perturber le développement du chiot : une absence de comportement maternel de la mère, une séparation trop précoce de la mère et/ou des autres compagnons de portée, une absence de contact avec des Hommes…

Les conséquences sont multiples. Elles peuvent s’exprimer par l’absence d’apprentissages faits par la mère, comme la propreté, ou par des troubles du comportement face à l’humain, aux autres chiens ou au changement d’environnement.

Le sevrage est une période à risque stressante pour le chiot, qui peut avoir des répercussions tant sur sa santé que sur son état psychologique après l’adoption. Il doit être réalisé avec sérieux en suivant les recommandations du vétérinaire.

Bibliographie

  • Grandjean, D. Cours de nutrition. Ecole nationale vétérinaire d’Alfort.
  • Robin, C. (2011). Les facteurs de risque des diarrhées de sevrage chez le chiot en élevage canin [Thèse vétérinaire]. Ecole nationale vétérinaire d’Alfort.
  • Rosset, E. (2006). La prévention des troubles du comportement chez le chiot à l’élevage [Thèse vétérinaire]. Ecole nationale vétérinaire de Lyon.